
Kasaï-Oriental : à la prison de Mu-Tshimanu, le Ministre d’État Guillaume Ngefa confronte la réalité carcérale et réaffirme la vision d’une justice de proximité
Mbujimayi, en mission officielle au Kasaï-Oriental, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a effectué une visite d’inspection à la prison centrale de Mbujimayi, dite prison de Mu-Tshimanu, en présence du Gouverneur de la Province Jean-Paul Mbwebwa Kapo. Objectif : évaluer les conditions de détention, écouter les doléances et inscrire l’action pénitentiaire dans sa vision de la justice de proximité, conformément à la politique de rapprochement de la justice des citoyens impulsée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et selon le programme d’action gouvernemental coordonnée par la Première Ministre Judith Suminwa.
Une inspection sans filtre : cellules, mineurs, femmes, cuisine
Au pas de course mais sans complaisance, le Ministre d’État a visité les cellules des adultes, le quartier des femmes, celui des mineurs, ainsi que les installations logistiques, notamment la cuisine.

Construit en 1965 et jamais réhabilité depuis, l’établissement présente un état de vétusté avancé : murs fissurés, infrastructures dégradées, surpopulation alarmante. Conçue pour 150 détenus, la prison en héberge aujourd’hui plus de 500, selon la directrice de cette prison.

Un contexte qui expose à un double risque : atteinte à la dignité humaine et vulnérabilité sécuritaire, certains récidivistes évadés menaçant de profiter de l’état des lieux pour s’évader à nouveau.

Dialogue direct avec les détenus : la prison n’est pas une punition
S’adressant aux détenus, le Ministre d’État a rappelé le sens de sa démarche : « L’objectif de ma mission est de voir comment la justice est administrée ici, quels sont les défis et comment nos compatriotes privés de liberté sont traités. Est-ce qu’ils mangent bien ? Est-ce qu’ils dorment bien ? Y a-t-il des cas de détention prolongée ? », s’est ainsi exprimé le Ministre d’État devant les détenus en présence du Gouverneur de la Province Jean-Paul Mbwebwa Kapo.

Le Ministre d’État a insisté sur la philosophie pénitentiaire défendue par son ministère : « La prison n’est pas une punition. L’État vous met ici pour vous amender et vous permettre de réintégrer la société afin de contribuer à son développement »

Un message clair : la privation de liberté ne saurait signifier privation de dignité.

Des doléances structurelles : salaires irréguliers et subventions incomplètes
La directrice de la prison a présenté un tableau préoccupant : infrastructure jamais réfectionnée depuis 1965 ; prime de risque non adaptée ; irrégularité des salaires ; subvention de l’État partiellement reçue en 2025.

Ces dysfonctionnements fragilisent non seulement l’administration pénitentiaire, mais compromettent l’autorité de l’État et la sécurité publique auxquelles le Ministre d’État à la justice Guillaume Ngefa travaille d’arrache-pied afin de redresser la justice congolaise selon le vœu du Magistrat suprême Félix AntoineTshisekediTshilombo.

Libérations conditionnelles : entre attente sociale et encadrement légal
Interpellé par un détenu sur l’absence de libérations conditionnelles à Mbujimayi, alors que des mesures similaires auraient été observées à Lubumbashi, Kananga ou Kisangani, le Ministre d’État a promis de s’y pencher comme c’est fut le cas à la prison centrale de Makala où plus de 150 prisonniers remplissant les critères avaient bénéficié de la libération conditionnelle : « Je ne peux pas donner une réponse immédiate. Je vais consulter pour voir ceux qui remplissent les critères requis »

Il a toutefois rappelé que les libérations conditionnelles obéissent à des critères stricts et que toute pratique financière illégale liée aux visites ou aux procédures sera sanctionnée : « Les visites sont gratuites. Si un agent pénitentiaire demande de l’argent, il sera sanctionné immédiatement »

Un signal fort contre les dérives et la corruption dans la chaîne pénitentiaire.

Mineurs : une vigilance particulière
La question de la séparation effective des mineurs et des adultes a été soulevée. Le Ministre d’État a pris acte et annoncé des vérifications approfondies.

Dans un contexte de surpopulation, le respect des standards en matière de détention des mineurs fait partie des efforts du Ministre d’État à la Justice, à travers des réformes pénitentiaires.

Une mission inscrite dans une réforme structurelle
Cette visite s’inscrit dans un ordre de mission précis : évaluer le fonctionnement de l’administration de la justice dans la province ; examiner les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire ; inspecter les conditions de détention ; recueillir les doléances pour apporter des réponses structurelles et opérationnelles adaptées.

Au-delà de l’inspection, il s’agit d’un acte politique : rapprocher l’État des réalités locales et restaurer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire, pour une justice plus proche, plus humaine, plus efficace et intègre.




