
Paix et cohésion nationale : le Conseil interreligieux congolais présente l’initiative « Vérité et Réconciliation » au Ministre d’État Guillaume Ngefa
Dans un contexte où la question de la cohésion nationale demeure centrale en République démocratique du Congo, les confessions religieuses multiplient les initiatives en faveur de la paix.
Une délégation du Conseil interreligieux congolais (CIC), conduite par son Président, l’Archevêque supérieur Dodo Kamba, a été reçue en audience par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, vendredi 06 mars 2026 dans son cabinet de travail au Palais de justice à Kinshasa.

Au centre des échanges figuraient la présentation d’une initiative de paix portée par les confessions religieuses, dénommée « Vérité et Réconciliation », destinée à favoriser un climat d’apaisement et à préparer les conditions d’un dialogue national constructif en République démocratique du Congo.
Une initiative religieuse pour préparer un climat d’apaisement
Composée des chefs religieux représentant les six confessions membres ainsi que du corps scientifique qui constitue le secrétariat technique du CIC, la délégation est venue exposer la vision et les objectifs de cette démarche.
Selon l’Archevêque supérieur Dodo Kamba, cette initiative vise avant tout à préparer les esprits et à apaiser les tensions, afin de créer un environnement propice au dialogue. « Nous avons présenté la vision que nous portons actuellement, notamment l’initiative d’une commission pour la paix que nous appelons “Vérité et Réconciliation”. L’objectif est d’amollir la terre, selon l’expression que nous employons, afin de préparer les esprits et les cœurs pour que le dialogue à venir puisse se tenir dans de bonnes conditions », a-t-il expliqué.
Le président du CIC a reconnu que certaines évolutions de la situation nationale ont incité les responsables religieux à s’impliquer davantage dans la recherche de solutions favorisant la cohésion nationale. « Il faut admettre que certaines situations réveillent des réflexes et nous poussent à agir. Cela nous a amenés à réfléchir à la manière dont les communautés religieuses peuvent contribuer à créer un climat favorable à la paix », a-t-il confié.

Un accueil jugé encourageant du côté du ministère de la Justice
Revenant sur la teneur des discussions, le chef de la délégation religieuse s’est dit agréablement surpris par l’ouverture et la qualité d’écoute manifestées par le Ministre d’État. « Nous nous attendions peut-être à des interrogations ou à des remises en cause du travail que nous avons déjà amorcé. Mais nous avons trouvé curieusement une élégance et une hauteur de vue qui ont dépassé nos attentes », a-t-il déclaré.
Dodo Kamba a également indiqué que le Ministre d’État a encouragé l’initiative tout en partageant certaines orientations avec les membres du Conseil interreligieux. « Il nous a non seulement encouragés dans cette démarche, mais il nous a également prodigué quelques conseils en tant que responsable de notre secteur », a-t-il affirmé.
Le président du CIC a par ailleurs salué le travail déjà engagé par le ministère de la Justice sur certaines questions liées à la stabilité institutionnelle. « Le temps qu’il nous a accordé et ce qu’il a déjà amorcé comme travail nous ont étonnés positivement. Nous n’étions pas informés de tout cela. C’est très encourageant », a-t-il reconnu, estimant que les confessions religieuses pourraient contribuer à relayer et accompagner ces efforts au niveau de la société.
Une démarche saluée dans un esprit de collaboration institutionnelle
À l’issue de la rencontre, les responsables religieux ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des échanges, qu’ils considèrent comme une étape importante dans la construction d’un cadre de collaboration entre les confessions religieuses et les autorités publiques autour de la consolidation de la paix.

Dans cette dynamique, l’Archevêque supérieur Dodo Kamba a également tenu à souligner que la rencontre s’inscrivait dans une démarche de courtoisie institutionnelle envers l’autorité de tutelle des cultes et associations. « Nous sommes venus d’abord lui présenter nos civilités depuis son arrivée à la tête de ce ministère qui assure la tutelle de notre secteur. Nous n’avions pas encore eu l’occasion de le rencontrer pour le féliciter et échanger avec lui », a-t-il indiqué.



