Justice en provinces : à Kananga, Guillaume Ngefa découvre un inspectorat judiciaire contraint de « se cotiser pour travailler »

Constat de terrain au Kasaï Central

En déplacement à Kananga, chef-lieu de la Province du Kasaï Central, le Ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a effectué jeudi 4 décembre 2025 une visite d’inspection à l’Inspectorat provincial des services judiciaires et pénitentiaires.

Cette descente de terrain a permis au patron de la justice congolaise de mesurer les difficultés structurelles auxquelles fait face ce service chargé pourtant de contrôler le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire.

Sur place, le constat est sans appel : manque d’effectifs, absence de moyens de mobilité et carence en équipements de base.

Des inspecteurs sans moyens pour atteindre l’arrière-pays

Selon les responsables locaux, les inspecteurs sont en sous-effectif et ne disposent d’aucun moyen logistique pour effectuer les missions de contrôle dans l’arrière-province.

Faute de moyens de locomotion, plusieurs juridictions et établissements pénitentiaires situés en dehors de la ville restent difficilement accessibles, limitant ainsi la capacité de supervision de l’inspectorat.

La situation matérielle est tout aussi préoccupante : le service manque de mobilier administratif, contraignant les agents à improviser pour assurer leurs tâches quotidiennes.

« Les agents se cotisent pour travailler »

Face à cette réalité, Bijou Njiba, Directrice provinciale de l’Inspectorat, a révélé que les agents ont recours à des cotisations internes pour maintenir un minimum de fonctionnement.

Une situation jugée alarmante pour une institution stratégique dans la chaîne de contrôle du système judiciaire.

La surprise du Ministre d’État

Visiblement surpris par ce tableau, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une anomalie administrative.

« J’ai été surpris, aujourd’hui, d’apprendre que les agents de l’inspectorat des services judiciaires et pénitentiaires du Kasaï Central se cotisent pour travailler. Si je n’étais pas venu sur le terrain, je n’aurais pas su que, dans la ville de Kananga, l’inspectorat provincial fonctionne grâce aux cotisations des agents, alors que c’est à l’État de mettre les moyens nécessaires à leur disposition », a déclaré le Garde des Sceaux.

Un révélateur des défis de la réforme judiciaire

Cette situation met en lumière les défis persistants de la gouvernance judiciaire en provinces, notamment en matière de logistique et de ressources humaines.

Pour plusieurs observateurs, le fonctionnement efficace de l’Inspectorat est pourtant essentiel, car il constitue l’organe de contrôle interne chargé de veiller à la discipline et à la régularité dans les juridictions et établissements pénitentiaires.

La visite du Ministre d’État s’inscrit ainsi dans une démarche de prise de contact directe avec les réalités du terrain, afin d’identifier les failles et envisager des réponses structurelles.

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