
Kabeya-Kamwanga : Guillaume Ngefa confronte la justice aux réalités de la périphérie et pose les jalons d’une proximité réelle
Une immersion de terrain au cœur d’une justice oubliée
Dans l’après-midi du mercredi 18 février 2026, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, s’est rendu à Kabeya-Kamwanga, chef-lieu Kena Nkuna, quelques heures seulement après son arrivée à Mbujimayi.

Après près de 45 kilomètres parcourus sur des routes extrêmement dégradées, quasiment impraticables, le Ministre d’État a atteint le Tribunal de paix de Kabeya-Kamwanga.

Objectif : évaluer directement les conditions de travail des magistrats et mesurer, sans filtre administratif, dans quelles réalités les juges de cette zone périphérique rendent la justice.

Cette descente s’inscrit dans sa vision d’une justice de proximité qui ne se limite pas aux grands centres urbains, mais intègre prioritairement les territoires enclavés.

Évaluer, écouter, constater : une méthode fondée sur le réel
Au Tribunal de paix, le Ministre d’État a procédé à une ronde d’inspection pour apprécier l’état des infrastructures, les moyens matériels disponibles et les conditions d’exercice des magistrats.

Le message est clair : la réforme judiciaire ne peut être crédible si elle ignore les juridictions périphériques, là où l’État est le plus fragilisé et où le justiciable est le plus vulnérable.

Dans un territoire vaste et densément peuplé du Kasaï Oriental, la justice fonctionne avec des moyens limités, dans un contexte d’enclavement structurel.

Une situation carcérale alarmante
Le déplacement ministériel intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Le territoire de Kabeya-Kamwanga ne dispose ni de prison formelle ni de commissariat apte à accueillir des détenus dans des conditions acceptables. Les personnes poursuivies sont maintenues dans des cachots précaires.

« L’état de détention de nos frères est précaire. Ils sont gardés à même le soleil, exposés à diverses maladies », a dénoncé Pascal Kapeta, représentant de la jeunesse locale, précisant que « souvent, lorsqu’un jeune sort du cachot, il doit être immédiatement soigné ».

La jeunesse du territoire, qui recevait pour la première fois depuis l’indépendance la visite d’un Ministre de la Justice, a interpellé le Ministre d’État sur plusieurs urgences : construction d’une prison conforme aux standards minimaux ; édification d’infrastructures pour le parquet ; mise en place de commissariats fonctionnels ; formation des officiers de police judiciaire ; dotation en moyens logistiques pour les magistrats.

Le Conseil territorial de la jeunesse a appelé à une « justice de proximité réelle et humaine ».

La périphérie comme baromètre de la réforme
Le retour vers Mbujimayi, tard dans la nuit, a illustré concrètement les difficultés structurelles : le cortège ministériel s’est embourbé à plusieurs reprises dans des bourbiers impraticables, ralentissant fortement la progression. Ce détail logistique n’est pas anodin. Il symbolise l’enclavement administratif et judiciaire d’une partie du territoire national.

En choisissant de se rendre physiquement à Kabeya-Kamwanga, le Ministre d’État fait de la périphérie un laboratoire de la réforme judiciaire : constater, documenter, prioriser, planifier.

Une séquence à forte portée symbolique
Au terme de sa visite, Guillaume Ngefa Atondoko Andali s’est également rendu à la résidence du feu Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, figure historique de la lutte démocratique en République démocratique du Congo. Un geste symbolique dans une province politiquement marquée par l’héritage du combat pour l’État de droit.

Entre ambition politique et défi structurel
La visite de Kabeya-Kamwanga met en lumière une réalité : la justice congolaise ne pourra être redressée sans un investissement massif dans les territoires périphériques. La justice de proximité ne peut être un slogan. Elle exige : infrastructures, ressources humaines formées, logistique, suivi budgétaire rigoureux.

Le déplacement du Ministre d’État pose un diagnostic politique fort. Le Gouvernement s’engagera à transformer l’immersion en décisions budgétaires et en chantiers concrets.




