
À Mbujimayi, Guillaume Ngefa transforme l’amphithéâtre en chaire magistrale et scelle sa vision d’une justice de proximité éclairée
En mission officielle à Mbujimayi pour évaluer les conditions de travail des magistrats, inspecter les établissements pénitentiaires et promouvoir l’humanisation de la justice carcérale, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a marqué une halte importante à l’Université de Mbujimayi.

Dans un amphithéâtre archicomble, rassemblant étudiants de toutes les promotions de la faculté de droit et personnels scientifiques, le membre du Gouvernement a livré une conférence magistrale, dans une posture assumée de pédagogue et de praticien du droit rompu aux standards internationaux.

Un cours de droit public et international à haute intensité
D’entrée de jeu, le Ministre a planté le décor juridique du pays : un État confronté simultanément à un conflit armé non international et à une agression extérieure dans sa partie Est, tandis que l’Ouest demeure sous régime de normalité juridique.

« Nous avons, dans la partie Est, une concomitance entre le droit international humanitaire, le droit international pénal et le droit national ; c’est cette réalité que vous devez intégrer dans l’interprétation et l’application de la norme », a-t-il expliqué, appelant les étudiants à une lecture rigoureuse et contextualisée du droit.

Évoquant les Conventions de Genève de 1949, la compétence complémentaire de la Cour pénale internationale et le principe de souveraineté juridictionnelle, il a insisté sur la responsabilité première des juridictions congolaises. « La souveraineté en matière d’administration de la justice revient à l’État ; nous pouvons conduire nos enquêtes et demander à la Cour pénale internationale de s’inscrire dans la complémentarité », a-t-il soutenu.

Justice de proximité : une vision constitutionnelle et opérationnelle
Au-delà de l’analyse technique, le Ministre a recentré son propos sur sa vision politique : une justice accessible, égalitaire et crédible.

« Nous voulons une justice de proximité, une justice qui rend justice et qui contribue à la paix sociale, sans justice des forts ni justice des faibles », a-t-il affirmé, rappelant que l’article 12 de la Constitution consacre l’égalité de tous devant la loi.

Dans cette logique, il a détaillé les axes structurants de son action : construction et réhabilitation des infrastructures judiciaires, fonctionnement effectif des tribunaux de paix, humanisation des conditions carcérales, digitalisation des procédures pour lutter contre la lenteur et la manipulation des dossiers.

« La crédibilité de la justice est une question de survie pour la nation ; elle ne peut s’élever que si le traitement égalitaire est garanti à tous », a-t-il martelé, soulignant l’exigence d’intégrité, de compétence et d’éthique qui incombe au pouvoir judiciaire indépendant.

Tolérance zéro contre la corruption et réformes structurelles
Devant un public attentif, il a exposé les réformes en cours, notamment la création d’une juridiction pénale économique spécialisée et la mise en place d’un fonds judiciaire adossé à une future loi de programmation quinquennale. « Une justice basée sur la chaîne de la corruption est facteur d’instabilité ; la tolérance zéro contre la spoliation et les crimes économiques est une priorité absolue », a-t-il déclaré, situant la lutte contre la prédation économique au cœur de la stabilité nationale.

Un dialogue académique sans filtre
La conférence s’est prolongée par un jeu nourri de questions-réponses. Les étudiants ont abordé aussi bien des problématiques de droit international que des enjeux politiques internes. Le Ministre a répondu sans esquiver. « Je suis très ouvert à toutes les questions posées dans un cadre académique ; cet exercice est un dialogue entre la théorie et la pratique », a-t-il assuré, satisfaisant un auditoire visiblement impressionné par la densité juridique et la maîtrise technique de ses réponses.

Les ovations répétées ont témoigné de l’impact du message. Beaucoup d’étudiants ont salué une intervention « d’homme de terrain et de doctrine », conjuguant expérience nationale et carrière internationale.

Des distinctions symboliques d’une reconnaissance académique
En signe de reconnaissance, le représentant du Recteur lui a remis l’ouvrage intitulé Gérer une université congolaise, rédigé par le Recteur de l’établissement.

Le Cercle culturel des juristes, association des étudiants en droit, lui a également décerné un diplôme de mérite pour « son engagement en faveur d’une justice forte et accessible à tous ». Un geste qui traduit, au-delà de la symbolique, l’adhésion d’une nouvelle génération de juristes à la vision d’une justice de proximité et de périphérie, plus proche du citoyen et ancrée dans l’État de droit.

Une mission qui allie terrain, doctrine et réforme
Par cette méga-conférence, le Ministre d’État aura démontré que la réforme de la justice ne se limite ni aux inspections carcérales ni aux réunions administratives : elle passe aussi par la formation des consciences juridiques.

À Mbujimayi, entre visite des juridictions, inspection des établissements pénitentiaires et enseignement académique, Guillaume Ngefa Atondoko Andali aura ainsi décliné une même cohérence majeure : rapprocher la justice du justiciable, restaurer sa crédibilité et préparer, avec la jeunesse universitaire, les fondations doctrinales d’un appareil judiciaire plus fort et plus humain.



