
Kasaï-Oriental : Guillaume Ngefa boucle sa mission de terrain et enclenche la riposte institutionnelle pour une justice réellement accessible
À l’aéroport de Mbujimayi, jeudi 18 février 2026, juste avant son retour à Kinshasa, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a dressé le bilan d’une mission de terrain dense au Kasaï-Oriental. Une mission placée sous le sceau de la justice de proximité et de périphérie, menée en étroite collaboration avec le Gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo.

Une immersion dans les réalités locales
« Je suis venu faire une mission de terrain, une mission de proximité, pour nous permettre de nous imprégner des vraies réalités de l’administration de la justice ici, dans la province du Kasaï-Oriental », a expliqué le Ministre d’État, affirmant sa volonté d’ancrer la réforme dans l’expérience concrète du terrain.

Accompagné du Gouverneur, le Ministre s’est notamment rendu dans les territoires de Kabea-Kamanga, Lupalata et Chilingue, qu’il qualifie de « cas d’école ». « Cela nous a permis de voir quelle justice tient compte des besoins de la population sur le terrain, en vue d’avoir une appropriation réelle », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une justice adaptée aux réalités rurales.

Des défis structurels identifiés sans complaisance
Le constat est lucide : insuffisance d’infrastructures, manque de magistrats effectivement en poste, problématiques foncières à l’origine de troubles à l’ordre public : les défis sont multiples.

« C’est vrai qu’il y a énormément de défis. Certains requièrent que le gouverneur ait des moyens pour adresser ces questions, notamment dans la construction des prisons et des infrastructures judiciaires, où nous avons une compétence partagée », a reconnu le Garde des Sceaux, plaidant pour un engagement conjoint du pouvoir central et provincial.

Il a également pointé la spoliation des biens de l’État, l’envahissement de l’aéroport par des occupants sans titre et la vente illégale de terrains comme des urgences à traiter.
« Nous avons dégagé certaines options, notamment la construction de nouvelles prisons et la mise à disposition des terrains pour l’Inspection générale des services pénitentiaires et judiciaires », a-t-il détaillé, annonçant des mesures correctives concrètes.

La coordination interministérielle comme levier stratégique
Au-delà du diagnostic, le Ministre d’État assume une approche systémique. « La question de l’accessibilité et de l’accès à la justice mérite une réponse coordonnée : une réponse de la justice, de l’administration, et des autres ministères concernés, y compris l’Intérieur, la Défense, les Infrastructures et l’Urbanisme », a-t-il soutenu, posant les bases d’une action transversale.
Il a annoncé la production d’un rapport à son retour à Kinshasa et l’organisation d’une mission d’évaluation dans trois mois. « Je ferai un rapport et nous enverrons une mission d’évaluation des recommandations que nous avons dégagées avec le gouverneur ; je tiendrai les Premiers Ministres et le Président de la République informés des résultats », a-t-il assuré, inscrivant cette mission dans une logique de redevabilité institutionnelle.

Un plaidoyer provincial pour une justice réellement présente
De son côté, le Gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo s’est félicité du choix porté sur sa province dans le cadre de l’itinérance ministérielle.
« Il a vu et palpé de ses propres yeux les réalités de la justice dans nos territoires ; jusque-là, il n’y a presque pas de tribunaux de paix et les magistrats nommés n’ont pas encore rejoint leurs postes », a-t-il déploré, mettant en lumière l’écart entre la norme et l’effectivité.

Reconnaissant la portée politique de la démarche, il a estimé que cette immersion permettra au Ministre d’apporter des réponses adaptées. « C’est de cette manière qu’il peut avoir la véritable face du fonctionnement de la justice dans notre pays et trouver des solutions pour y remédier », a-t-il affirmé, saluant une méthode fondée sur l’écoute et l’observation directe.

Une mission qui marque un tournant
Au terme de cette mission, un double message se dégage : la justice de proximité ne peut être un slogan, elle doit devenir une architecture opérationnelle, soutenue par des infrastructures, des ressources humaines effectives et une coordination interministérielle rigoureuse.

En quittant Mbujimayi, le Ministre d’État laisse derrière lui un agenda clair : traduire les constats en décisions exécutoires, et faire du Kasaï-Oriental un laboratoire de redressement applicable à l’ensemble du territoire national.



