
Justice de proximité au Kasaï Oriental: Guilaume Ngefa a l’écoute à Mbujimayi et à Kabeya Kamwanga
Rapprocher la justice des citoyens, garantir l’accès au droit et renforcer la confiance publique. Une priorité portée par le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko.

En mission de terrain à Mbujimayi, Chef-lieu de la Province du Kasaï-Oriental, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a réaffirmé son engagement pour une justice de proximité, en prise directe avec les réalités du terrain. Au Palais de justice de Mbujimayi, en présence du Gouverneur de province, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, le Ministre d’État a échangé avec les magistrats et les autorités judiciaires du ressort, après une visite approfondie des installations.

Une immersion au cœur des réalités judiciaires
Bien avant la réunion formelle, le Ministre d’État a effectué une ronde dans les différents bureaux des magistrats et du personnel judiciaire, ainsi que dans les cachots. Objectif : « palper du doigt la réalité » et mesurer concrètement les conditions de travail.

« C’est vraiment une très bonne expérience pour moi de venir sur le terrain (…) mais plus encore pour être à votre écoute », a-t-il déclaré, revendiquant une posture d’humilité et de proximité.

Il a rappelé avoir, la veille, visité Kabeya Kamwanga aux côtés du Gouverneur et des hauts magistrats, une étape qui, selon lui, a révélé « la soif de justice au niveau de la base » et les défis d’accessibilité dans les zones périphériques.

L’accessibilité, un défi structurel
Au cours des échanges, les magistrats ont dressé une cartographie préoccupante du ressort des grandes instances de Tshilenge : éloignement des parquets, absence de frais de fonctionnement, manque de mobilité pour le transfèrement des détenus, sous-effectif chronique de magistrats, détentions préventives irrégulières faute de tenue régulière des chambres du conseil.

Ils ont évoqué des distances importantes, jusqu’à 70 kilomètres entre certaines juridictions, compliquant l’exercice normal de l’action publique.
« Les parquets peinent à fonctionner régulièrement parce que les tribunaux installés près d’eux ne fonctionnent pas, faute de juges », ont-ils fait valoir, dénonçant également des conditions de logement « infrahumaines » qui favorisent la fuite des magistrats vers d’autres affectations.

Face à ces préoccupations, le Ministre a souligné que l’accès à la justice ne se limite pas au justiciable : « Si la route ne vous permet pas d’accéder, la justice va aussi être éloignée. Si les moyens ne suivent pas, la justice sera aussi éloignée », a-t-il insisté, reconnaissant que la précarité expose les agents à « beaucoup de tentations ».

Réformes en cours et mécanismes transitoires
Dans sa conclusion, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a tenu à clarifier sa vision : « Je n’aime pas qu’on m’appelle excellence. Je veux être un Ministre de proximité, un Ministre de terrain », a-t-il affirmé, estimant que la fonction doit rester au service des magistrats et des justiciables

Il a annoncé la mise en place d’un fonds judiciaire, présenté comme un mécanisme transitoire vers une future loi de programmation judiciaire sur trois à cinq ans. « L’essentiel est d’améliorer les conditions de travail du magistrat », a-t-il martelé, inscrivant cette dynamique dans le cadre des réformes impulsées au niveau national.

Parmi les priorités évoquées figurent la construction ou la réhabilitation d’infrastructures pénitentiaires et judiciaires, la récupération des biens de l’État spoliés, ainsi que la relance des logements de fonction pour magistrats. Il a cité, à titre illustratif, la construction de la prison de Mbandaka et la réfection du palais de justice local comme cas d’école.

Lutte contre la corruption et restauration de la crédibilité
Le Ministre d’État a également replacé la lutte contre la corruption au centre de son intervention. « La chaîne de corruption, ce n’est pas seulement le magistrat », a-t-il averti, pointant la responsabilité partagée entre avocats, greffiers, huissiers et membres de l’administration.

Il a évoqué des phénomènes préoccupants tels que la fabrication de faux jugements et l’introduction de documents fictifs dans les procédures, générant une insécurité juridique. « Ensemble, nous pouvons changer la perception que notre population a de la justice », a-t-il soutenu, appelant à la solidarité et à l’intégrité professionnelle.

Un appel au dévouement et à la remontée hiérarchique
Encourageant les magistrats à faire remonter leurs préoccupations par la voie hiérarchique, le Ministre a reconnu la spécificité des réalités des juridictions périphériques, souvent éloignées des centres urbains et exposées à des contraintes logistiques majeures. « Je suis le ministre et c’est à votre service », a-t-il conclu, exhortant les magistrats à continuer de servir la nation « avec dignité et dévouement » tout en réaffirmant la volonté gouvernementale de renforcer la justice de proximité.



